Construire

Science-fiction/Architecture et aménagement ou le corps d’une société/Extrait de livre et texte inédit

Image de mise en avant: Un pont, le lien entre la terre, le ciel et la mer.  
Textes de lois, architecture et aménagement ou le corps d’une société.
Texte inédit. La zone Alpha.

Nouvelle courte écrite dans le genre Cyberpunk ou Dystopie.

Le Destructeur.

En 2 155, le Président du monde harangua le peuple et son discours fut transmis en simultanée sur des écrans géants disposés un peu partout sur notre planète même dans ce qui restait à cette époque de déserts et de forêts. Il exprima que l’aménagement d’un coin de notre planète, la zone Alpha, était maintenant terminé et qu’il convenait aujourd’hui de le fêter.

Une partie du corps du monde était aujourd’hui sauvée, totalement bétonnée.

Des images défilaient sur les écrans géants présentant de somptueuses réalisations en béton recouvertes de lumières colorées les caressants comme le font des flammes agiles brulant des buches de bois et ce, depuis toujours, depuis que l’homme existe.

Cette caresse apportait chaleur et espoir aux esprits des hommes d’alors qui étaient en totale évolution, leurs mains et esprits fabriquaient des sculptures de glaise, de bois, de pierre et  des outils devenant au fil des siècles toujours plus utiles, toujours plus efficaces.

Les lumières d’aujourd’hui sont de même importance pour le psychique de l’homme que le furent les flammes apprivoisées d’hier pour les clans constituant l’origine de l’humanité.

Le territoire Alpha qui s’étend sur des milliers de kilomètres est aujourd’hui prêt.

Le livre de la loi, dont les pages géantes ont été gravées dans de la pierre a été posé au sommet d’une pyramide construite sur le point le plus haut de cette contrée, une montagne recouverte de neige éternelle. Ce livre de la loi est de nos jours devenu le symbole de l’État.

Cet endroit est devenu parfait affirma le Président car les lois qui y règneront sont fortes et précises. L’architecture est belle, les aménagements d’urbanisme sont grandioses et expriment, telles les pyramides d’Égypte, la puissance du peuple qui aura su les construire et cela même longtemps après que la civilisation qui les a édifiées aura disparu.

Les écrans s’éteignirent et ensuite se rallumèrent, apparu alors l’image du Président du monde, en 2 155.

C’est un robot de verre se déplaçant sur un coussin d’air qui était, dit-on, parfumé de mille senteurs. 

Le livre de la loi permettait à cette époque l’élection d’un robot aux élections universelles depuis que ceux-ci étaient devenus totalement autonomes de la communauté humaine.

Le Destructeur.

Le corps du Président était de forme sphérique avec une partie légèrement déformée vers le haut, ce qui évoquait une tête humaine, comme étant une sorte de réminiscence des androïdes qui auront  totalement disparus car la référence morphologique humaine n’était plus à la mode dans l’aspect des robots de cette époque.

Il est de nature solide et parfaite et cela beaucoup plus que le furent les autres Présidents avant lui, qui n’étaient que des hommes et possédaient alors des faiblesses. Certain étaient mégalomanes et enfantaient des guerres, d’autres jouaient avec l’argent public comme si c’était le leur ou d’autres enfin avaient trop de maitresses ou, pour certains par contre et pour le peuple, pas assez.

Le Président semblait être parfaitement heureux et clignotait, semblerait-il, de joie.

Sa peau de verre opaque laissait transparaitre des flammes de lumière l’enveloppant et prenant toutes les couleurs possibles et imaginables.

Il tourne sur lui-même, virevolte et danse et devient soudainement rouge et s’immobilise. C’est de cette manière qu’il annoncera toujours aux hommes une sentence importance.

Il affirma d’une voix rauque à tonalité métallique, semblant venir d’ailleurs, de très loin, peut-être des profondeurs de l’espace :

« L’aménagement de la région Alpha est maintenant parfait, des ponts ont été construits, des routes tracées, des gratte-ciels percent les nuages et sont plus hauts que jamais, jusqu’alors, l’homme aura su construire.

Ce nouveau monde est vraiment parfait, vraiment parfait. »

L’écran s’éteignit et se ralluma aussitôt.

Le Président réapparut. Son corps de verre était maintenant devenu encore plus rouge :

« L’aménagement de la zone Alpha aura été parfaitement conçu et exécuté.

Cette réalisation est belle, immuable, éternelle et nous pouvons maintenant la terminer en enlevant définitivement toute trace de l’humain, en éliminant, tuant l’humain.

Le président changea soudainement de couleur, il devint jaune vif, couleur souffre, ce qui indiquait chez lui une pensée, pour lui, de nature humoristique qu’il exprima ainsi :

« Le nettoyage n’aura pas besoin de se faire au lance-flamme, un simple karcher suffira. »

Il redevint immédiatement de couleur rouge.»

Jaune couleur souffre:

Les lumières d’aujourd’hui dans la ville seront de même importance pour le psychisme de l’homme que le furent les flammes apprivoisées d’hier et ce depuis l’origine de l’humanité.

Shanghai la nuit.

Extrait de texte, Alpha Cha et le Tatouage de Jade, Libre d’écrire 2 013

Alpha Cha et le Tatouage de Jade.

Le roi, tu verras, ressemble à un Pharaon, un Pharaon blanc, un constructeur qui aimerait bâtir ses pyramides d’aujourd’hui, plutôt des tours, avec le sang d’esclaves ouvriers.

Mais que l’architecture est belle, lorsque l’ouvrage est terminé !

L’architecture est un art prédateur qui construit ses ouvrages avec la souffrance des hommes fourmis qui les bâtissent avec les mêmes obligations qu’ont des termites avec leurs termitières ou les oiseaux leurs nids et ce besoin existe dans les gènes de toutes les espèces animales que la terre, peut-être même l’univers, connait.

La nature de l’homme par rapport à l’architecture se trouve à mi-chemin entre l’oiseau standard, individualiste, et la fourmi, en quelque sorte entre la maison individuelle et le logement collectif.

Les lotissements sont à l’image des oiseaux tisserins dont les nids s’agglutinent sur des arbres décharnés. Les oiseaux républicains sociaux du sud de l’Afrique sont pas mal non plus, ils construisent de belles architectures collectives en paille jaune percées de portes d’entrée d’appartement particulière pour chaque famille, il ne manque plus que les sonnettes.

Plus le temps s’écoule et plus les hommes envahissent la planète, par milliard maintenant, plus ils s’éloignent de l’univers des oiseaux pour rejoindre celui des fourmis avec toutes les évolutions psychologiques qui en découlent, au prix de la lente et terrible mutation qui les fait passer de l’ovipare à plume aux insectes. Les oiseaux ont des peurs, des sentiments en quelque sorte à l’image des hommes, mais les insectes non, et c’est cela qui est terrible, ils ne sont que collectifs. Nous devenons comme eux de plus en plus collectif.

Le mort trouve l’éternité sous les dômes de pierre, bâtit par l’homme, que seul le vent du désert caresse.

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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