Peintre, Anonymous Broc.

L’homme, ses outils, ses machines/Science fiction et l’espace/Texte inédit trans humanité.

Photo de mise en avant : Peintre, Anonymous Broc (soit, trouvé dans une brocante). Titre, la conquête de l’espace, en 1964.

Préambule.

À l’origine, l’homme aura observé que le corps d’un animal et aussi le sien se décomposeront après la mort et perdront leurs chairs. Il ne restera plus que les os, aussi solide que des pierres, qu’il modifiera parfois afin de faire des outils qui couperont et piqueront. Au fil du temps, il taillera des pierres, des silex pour confectionner des outils tranchants, d’autres pour créer des sculptures magiques, reliant les vivants aux esprits des morts, ou des pierres dressées, souvent verticalement, comme le sont les hommes debout.

Ensuite, l’homme lancera dans l’espace ses silex, devenus machines, pour les faire tourner autour de la Terre, de la lune ou de la planète Mars et même, par pulsion suicidaire ou afin de pouvoir devenir l’égal d’un dieu, il les enverra plonger dans son soleil.

En 1969, l’homme, accompagnant ses machines fétiches, aura marché sur la lune.

De nos jours, l’outil se sera séparé de notre corps et l’homme érudit pourra l’envoyer sous son contrôle très loin dans l’univers à la recherche des origines du monde et de la matière originelle que nos civilisations successives, depuis toujours, vénèreront.

Il est évident que, dans ce système ou l’outil projeté ira beaucoup plus loin qu’un simple jet de pierre, le corps suivra l’aventure avec difficulté jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le faire, car cela serait aussi difficile que de demander à un spectateur de plonger dans l’écran de sa télévision pour participer physiquement aux déroulements du film qu’il sera en train de regarder.

Ainsi les silex modernes des hommes, les sondes spatiales, traverseront l’espace pour se poser sur de lointaines planètes, sur Mars, sur Titan et aussi survoler Pluton en franchissant alors 5 766 000 000 kilomètres.

L’esprit de l’homme, grâce à la science, les arts et la littérature de Science-fiction, ouvrira tout une série de portes, lui permettant d’entrer dans des espaces lui étant inconnus et qui, souvent, s’avèreront être des impasses, qu’il explorera.

Ses os, cependant resteront toujours à la traine.

De multiples concepts, des mots bannières rempliront le panier de cette quête de l’inconnu, cette volonté d’aller vite pour explorer l’espace loin, très loin. Tels sont, téléportation, mutation génétique, trou de ver, vitesse supraluminique, mondes symétriques.

Le crâne et ses plumes

Sur les mondes symétriques, extrait de texte.

Nicolas Antoniucci, Alcor Adam, libres d’écrire 2 016.

«… Nous avons emprunté le chemin du miroir pour rejoindre TN et il s’est imposé à nous comme un des fonctionnements naturels que nous ne connaissions pas de l’horloge perpétuelle qui règle la nature.

Ce n’est pas un simple trou percé dans la feuille représentant l’espace-temps mais plutôt une glissade que nous ferions à sa surface, comme un skieur le ferait en descendant à toute vitesse la pente d’un glacier qui reflèterait son image si vigoureusement que celle-ci prendrait vie dans ce nouvel espace, l’espace symétrique, laissant s’éteindre le corps d’origine par sa déstructuration et sa restructuration dans un reflet des atomes le constituant comme pour une simple migration d’abeilles. Voilà où nous en sommes. Nos vies se sont dissoutes et ont resurgi dans l’espace symétrique, dans ce qu’on pourrait nommer de nouvelles naissances. Nous n’avons même pas changé de peau comme un serpent le fait lorsqu’il mue et nous voilà bientôt arrivés devant TN. Nous avons laissé nos corps disparaitre de l’autre côté du miroir et réapparaitre, identiques, pour continuer notre chemin dans le monde symétrique. »

Alcor Adam :

« Nous venons de vivre, en quelque sorte, une réincarnation furtive et instantanée qui restera provisoire, du moins, je l’espère… »

 Notre Lendemain.

Et, voici notre lendemain….

L’intelligence artificielle se développe, l’homme aura remplacé ses os par du métal, son sang par de l’huile, ses yeux par des ordinateurs.

Le robot parfait à la peau synthétique a deux jambes, deux bras et une tête chauve et, devenu immortel, il chevauchera ses machines jusque dans les étoiles sans avoir besoin ni d’eau ni de nourriture pour exister et, jamais, il n’aura connu la fièvre.

Son cerveau contient toutes les informations que l’humanité aura stockées en des millions d’années, dans ses livres et ses banques de données.

Ils seront devenus les fossiles des temps modernes renfermant dans leur gangue de métal tous les contenus de sa science et de son histoire.

Le robot lorsqu’il est androïde, est un être humain parfait, un trans humain qui ne connaitra pas la maladie et aussi pourra se reproduire, sans connaitre l’amour.

Oubliés les os restant dans la terre, bercés par le rythme des saisons, après la mort.

Enfin, dans sa quête d’immortalité, l’homme aura su vaincre ses faiblesses biologiques et transformer son corps en une machine indestructible.

Certains appelleront ce nouveau monde, venant après celui des dinosaures et de l’homme moderne, le posthumanisme.

Il pourra aujourd’hui conquérir des étoiles tout en laissant la planète Terre, en l’état.

Il aura atteint ses rêves et vaincu ses faiblesses originelles.

Il aura vaincu ses angoisses et pourtant… L’homme de demain aura finalement disparu au même titre que, jadis, l’homo neanderthalensis, surnommé presque affectueusement Néandertal.

Annexe trans humanité- Nouvelle inédite/LA QUÊTE D’APOLLON ou L’ANTI ŒDIPE

 Un siècle, cela sera peu pour Apolloniser l’être humain. Des savants de la communauté scientifique s’affairent avec ténacité et innovation dans cette quête d’éternité de l’homme pendant que d’autres s’occupent de comprendre le cosmos afin de pouvoir accéder aux étoiles et leurs planètes.

La conquête parallèle de deux entités, l’homme et l’Univers.

Il faudra bien loger l’humanité quelque part lorsque nous serons devenus si nombreux, puisque immortels, alors, pourquoi pas construire nos maisons dans d’autres planètes et, d’ailleurs, aurions-nous d’autres choix ?

Sinon, l’homme impérissable, étant égoïste, ne se reproduira plus.

La fonction reproduction ne sera plus affectée qu’aux simples végétaux ou animaux.

L’homme deviendra puissant et aussi immuable qu’une pierre.

Il jettera son fils aux oubliettes ; mort prématurée d’un prince devenu sans utilité car ne pouvant plus devenir roi.

Apparition de l’anti-œdipe devenant une nouvelle dimension psychologique de l’esprit de l’homme, remplaçant l’œdipe Freudien basique devenu périmé.

Au début du XXIIe siècle, nous entrons dans un millénaire à mutations extrêmes.

L’homme au corps et à l’esprit sans faille, s’approchant de l’éternité, pourra conquérir l’Univers.

Il deviendra Dieu.

La trans humanité est un chemin particulier qui, s’inscrivant dans l’univers irrationnel des religions sous couvert d’une glorification de la science, chercherait pour l’homme de se substituer aux Dieux que jusqu’alors il idolâtrait.

L’étape ultime de son chemin vers Dieu, être Dieu.

Je m’appelle Paul, je suis alchimiste de mon corps que je veux transformer pour accéder à l’Olympe afin d’y régner au côté de Zeus.

J’ai signé un contrat avec une clinique esthétique spécialisée dont les médecins s’occuperont, dans un premier temps de magnifier la beauté extérieure de mon corps, finesse de mon nez, esthétique parfaite ma bouche et de ma peau sur des muscles parfaitement sculptés, avant qu’ils pratiquent la déification de mes organes en intervenant dans les profondeurs de ma chair.

J’aurai une vingtaine d’années pour me transformer et atteindre l’éternité sinon, banalement, je mourrais.

À notre époque, faites rectifier votre poitrine, Mesdames, et déjà vous aurez fait un pas vers la trans humanité et Monsieur aussi lorsque vous modifierez le profil votre nez.

Maitre chirurgiens aussi, en transplantant un cœur et en le remplaçant par un organe artificiel, vous ferez acte de trans humanité comme un sculpteur le faisait, jadis, en modelant, dans de la terre ou de la pierre, l’image d’un Dieu qui lui ressemblait.

Nous sculpterons ainsi notre corps pour qu’il devienne une statuette divine.

Certains prêtres vaudous plantaient une aiguille dans le cœur d’une poupée afin de faire mourir à distance celui qu’elle représentait.

Jadis, un embaumeur égyptien préparait le corps d’un pharaon après sa mort afin de lui permettre d’accéder à l’éternité et plaçait ses organes de roi dans des jarres de pierre scellés.

Aujourd’hui, la science permet de sculpter notre chair comme un artiste ou un chaman le faisait jadis sur ses sculptures magiques et, parfois, encore aujourd’hui avec de la glaise.

L’esprit de l’homme s’agite quelques instants avant de mourir, comme les ailes d’un papillon le font lorsqu’elles sont prisonnières dans des mains.

Tout cela, c’est le même topo, une même quête pour repousser le plus loin possible l’échéance de notre mort.

J’appellerais cet axiome lié à l’éternité, la mort attendue du fils de l’homme.

Une sorte de réaction au complexe d’œdipe décrit par Freud dans lequel l’enfant chercherait à tuer son père afin de prendre sa place.

Un argument psychique que la Nature aura jadis concocté pour justifier de la faiblesse du corps de l’homme ; le fils remplace le père, la fille sa mère, aux corps usés et la vie continuera, l’espèce restant ainsi pérenne.

La vie est telle une course à relais ; les parents passent un bâton témoin sacré, celui de la vie, à leurs enfants avant de mourir.

Les géniteurs et leurs descendants créent une chaine de vie sans fin qui se tricote avec les fils du temps qui passe.

Cela serait, en quelque sorte, le choix technique d’un Dieu ingénieur qui n’aura pas su construire la vie d’un seul souffle avec la même éternité que celle de la pierre.

La chair est faible, la chair est faible, dit-on, et c’est grâce à cette fragilité que l’esprit peut s’émouvoir et aimer… Ce que l’homme ne saurait faire s’il avait un corps de pierre renfermant un cœur de pierre.

Eh oui, la mort est divine !!!

Voici, vingt années se sont maintenant écoulées et je suis devenu parfait, beau et en parfaite santé, jeune pour l’éternité.

Mes organes auront été remplacés un par un par ce qu’il y avait de mieux sur le marché, de plus cher, de plus performant, et je peux contrôler leurs fonctionnements au moyen d’un ordinateur intégré à mon corps dont l’écran fluo d’information est visible et transparait sous la peau de l’intérieur de mon avant-bras.

Il laisse apparaitre, des chiffres, des mots, des analyses…

Tout y est constamment vérifié et les résultats me sont consultables minute par minute.

Je connais ainsi en permanence l’état de mon cœur, mon cerveau, de mes poumons, de mon sang et tout le reste…

Je suis immortel, du moins je le pensais ; j’ai déjà vécu deux cent dix ans et comptais bien continuer de vivre mais, aujourd’hui, pourtant je meurs…

Mon corps se désagrège, des microbes venus de je ne sais où attaquent mes prothèses ; ils arriveraient de l’espace, parait-il, d’une comète qui, en passant près de nous, aura caressé la Terre de sa chevelure de feu, lâchant sur notre sol une flopée de microbes extraterrestres que nous ne connaissions pas, sinistre invasion, qui dévore avec délectation la matière plastique de nos nouveaux organes.

Tout serait à recommencer depuis le début pour remodeler nos corps avec d’autres matières mais, pour moi, cela sera trop tard. D’autres le feront et, cette foi-ci, je n’en doute pas, ils gagneront ?

D’après les statistiques de l’époque à laquelle j’avais commencé à me déifier, j’aurai gagné 140 années d’existence sur mon espérance de vie mais n’ai pas trouvé, malgré tout, l’immortalité que je cherchais.

Que seront ces 140 années de sursis par rapport à l’éternité ?

Je n’aurais pas su construire l’escalier qui m’aurait permis d’accéder à l’Olympe. Mon âme s’envole, se détache de mon corps et disparait je ne sais toujours pas où.

Pas grand-chose vraiment, mon aventure ne fut finalement qu’une quête dérisoire d’immortalité.

Je n’aurai pas su mourir avec dignité en reculant encore et encore l’échéance de ma mort et surtout je le ferais seul sans le regard apaisant de mes enfants pour m’assister car ceux-ci, qui auront refusé de modifier leurs corps dans cette quête absurde, gardant ainsi leurs fragilités naturelles, sont morts depuis longtemps.

Adieu.

FIN

 

 

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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