La force de l'arbre

Science-fiction postapocalyptique/Urbanisme/ texte inédit — La forêt souterraine

Image de mise en avant, la force de l’arbre.

Le présent.

Dans mon livre Main basse sur le sixième continent, l’histoire racontée commence par une description du personnage principal méditant sur ses conditions de vie, le coude appuyé sur le comptoir en zinc d’un café Parisien. Il boit une bière et mange un sandwich, un classique de Panam, un jambon beurre.

Hier matin, je buvais mon café, accoudé probablement au même café, étant l’auteur du livre, tout en lisant quelques articles et jetant un œil sur mon horoscope dans un quotidien à la disposition des clients.

Ils sont utiles ces journaux du matin car ils permettent la transition entre les rêves de la nuit et les activités du jour qui seront par nature plus matérialistes.

Mon horoscope est, comme souvent, de peu d’intérêt, ressemblant à une sorte de caricature se trouvant entre une réalité possible et une interprétation contenant les relents d’une possible intox.

Accoudé au zinc du bistrot, je bois mon café et déguste un croissant avec la tête encore prise dans mes rêves de la nuit. Souvent, au cours de mes nuits, ceux-ci escortent mes préoccupations du jour, résolvant parfois quelques équations préoccupantes.

Ernest Divin.

Dans mon futur livre de science-fiction dans lequel, banalement diront certains esprits chagrins, des robots et des hommes s’affronteront sur une planète Terre recomposées, après qu’elle a subi au cours des siècles mille sévices, tant écologiques que militaires, les hommes durent s’enterrer, se protéger dans des cavernes, dans un monde souterrain afin de se protéger de la force technologique puissante et invasive du monde des robots.

Ernest Divin est un des personnages de ce livre.

Mon esprit étant préoccupé par l’ambiance des mondes souterrains qui, en fait, ont toujours existé, telle les catacombes de Paris dont mon livre, L’arbre du Kamas, utilisera parfois les paysages dans le déroulement des actions de son histoire, je tourne une page, la page culture, de mon journal et je lis un article.

Il concernera un article sur un concours d’architecture, discipline dans laquelle j’obtins, jadis, un diplôme et qui, de ce fait, m’intéresse.

L’avenir.

En 2 135, tôt le matin, Ernest Divin quitta la banlieue dans laquelle il habitait pour se rendre dans un site archéologique se trouvant non loin des barrières empêchant l’accès à l’intérieur de Paris, une ville qui connue ses heures de gloire mais qui était aujourd’hui condamné pour raison de pollution extrême persistante. Les habitants, au fil des générations, s’en seront éloignés car la vie y était devenue impossible, qu’elle soit animale ou même végétale. Paris, à cette époque, était devenu un désert dans lequel les architectures, de siècle en siècle, s’étaient modifiées jusqu’à devenir des sortes de rochers en béton ravinés par les torrents d’eaux des fortes pluies provenant de ce que les journalistes, à cette époque, auront appelé l’ère du réchauffement climatique.

Celle-ci suivant successivement celle des dinosaures et celle des premiers hommes.

La tour Eiffel bien qu’ayant perdu deux étages résistait au temps mais son acier, en rouillant, ressemblait maintenant à du bois pétrifié.

Ernest Divin était journaliste et il devait écrire pour son journal un article sur un phénomène étrange pour l’époque, la présence d’une immense grotte artificielle, faisant office d’Arche de Noé mais qui serait dédiée aux végétaux, garnie d’une forêt d’arbres d’espèces, diversifiées dont certaines avaient totalement disparu du reste de la surface du sol.

Le gardien de la forêt.

Une fois arrivé sur place en train à vapeur, une manière de se déplacer inventée à peine depuis quelques années et fort pratique pour couvrir de longues distances, il rencontra un homme appelé le Gardien de la forêt.

Cet homme lui expliqua les origines de cette forêt souterraine.

Elle provenait d’un concours d’architecte qui eu lieu il y a fort longtemps, au début de l’ère du réchauffement climatique, dans lequel un maitre d’œuvre aura préconisé de mettre en place un effet de complémentarité en créant dans les immenses souterrains, jusqu’alors inutilisés, du quartier de la Défense, qui était, à cette époque, un quartier minéral, gigantesque et édifié de hautes tours, une immense forêt dont la végétation prendrait sa force et sa vie grâce à un réseau de lumière artificielle dont l’énergie provenait de plaques d’aspect cristallines appelées, à cette époque, panneaux solaires.

Ce projet, après de multiples affrontements entre barons du pouvoir politique fut finalement accepté car il était devenu, comme étant une évidence du monde moderne, primordial de se soucier de l’équilibre des complémentarités telles celle existant entre la nature et l’architecture, de béton ou d’acier.

Cette forêt avait bravé le temps et, aujourd’hui, elle était un exemple parfait de ce que la Nature, jadis, avait été.

Il y vit encore de nos jours de nombreuses espèces d’animaux, ailleurs disparus, allant de l’insecte aux cervidés et oiseaux aux plumes multicolores.

L’article.

Après la visite, Ernest Divin rentra chez lui, émerveillé, et rédigea un article sur sa visite qu’il estimait être fort important pour ses lecteurs car, finalement, souvent le déroulement du temps tournera en boucle et, peut-être, alors cette nature luxuriante s’échappera de sa prison et reviendra un jour s’implanter dans les territoires des hommes.

Photo : Arbre et lumière.

 

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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