a Allégorie. Les syndromes de Stockholm et de Lima

Texte inédit/Utopie/Les syndromes de Stockholm et de Lima, en 2038

Le syndrome de Stockholm et celui de Lima.

Texte écrit par l’inspecteur Poisson d’Argent, poète et écrivain, personnage de mon manuscrit Oiseaux & Cie qui est actuellement en écriture et fera suite, en 2018, à mon nouveau livre qui sera publié à l’automne 2017, Cnidaria, Reine méduse.

Le texte.
Le syndrome de Stockholm.

Nous sommes en 2038 et les effets du bien connu et sous-estimé du syndrome de Stockholm se sera aujourd’hui normalisé. Il est devenu un des moteurs de notre société car au lieu de se révéler, de s’installer dans le psychisme des gens, au cas par cas, dans des situations particulières à travers des relations entre des gens honnêtes et des bandits, des dominés et des dominants, et n’apparaissant que dans des conflits exceptionnels, il se sera aujourd’hui étendu, comme une nappe de pétrole le ferait sur la mer après le naufrage d’un bateau, à l’ensemble de nos relations sociales.

Il régnera maintenant, dans des domaines diversifiés et importants  des actes démocratiques importants de notre société.

Les soumissions aux autorités, à l’état particulièrement ou aux autres forces économiques, seront de nos jours la loi de chacun, la nouvelle bible sacrée, le nouveau Code civil.

Notre esprit aime les répressions de notre société d’aujourd’hui, en 2038, avec ses outils d’informations modernes et répressifs, sécuritaire, affirmera-t-on, car toutes ces machines ne seront installées que pour le bien de chacun grâce à une technologie de plus en plus sophistiquée nous transmettant des messages autoritaires, générateur d’angoisse. Partout, elles vous observeront, évalueront vos comportements, au moyen de caméras urbaines multi présentes, de radars ou bien elles vous jugeront grâce à des robots obsessionnels, sans âmes, labourant internet, nuit et jour, à la recherche d’informations dans le domaine de la culpabilité probable et, nous affirme-t-on, structurel au psychisme de l’homme, de chacun de nous.

Le mécanisme psychologique, appelé Syndrome de Stockholm, sera de nos jours, en 2038, devenu ordinaire et fait loi.

Il structure l’esprit de l’homme d’aujourd’hui, isolant chacun d’eux dans une sphère protectrice dont les parois transparentes constituant sa coque seront faites de matériaux fabriqués à partir de notre amour grandissant pour nos bourreaux.

Le syndrome de Lima.

Heureusement que, parfois, déboulera par période dans l’esprit de nos dirigeants, le syndrome de Lima, son opposé et complémentaire, ainsi notre robot sociétal et présidentiel, qui régie parfaitement notre société d’aujourd’hui, évitant tout heurt et éclat entre les hommes et leurs communautés, se mettra à nous aimer et proposera alors au peuple des jeux pour le divertir.

Les syndromes de Stockholm et de Lima forment un tout, constituent la sphère parfaite qui représente nos sociétés d’aujourd’hui, peinte de blanc et de noir, des couleurs qui resteront pures et ne se mélangeront pas pour en former une couleur, le gris, qui serait bâtarde sur le plan de la morale.

Cette sphère est appelée communément le Panda, du fait de sa correspondance avec le symbole chinois du Ying et du Yang qui est tracé en noir et blanc.

Cette correspondance de couleur aura probablement participé à l’élévation, en Chine, de cet animal au rang de dieu vivant de par son pelage aux couleurs universelles, uniquement fait de poils noirs et blancs.

Il organisera alors des jeux urbains dans lesquels le passé des hommes resurgira dans leur ville à travers les hologrammes d’innombrables personnages glorieux de leur passé, tels Abraham Lincoln, Vercingétorix ou Kennedy, Gengis Kahn ou Cléopâtre qui seront devenus des personnages aux looks patibulaires, descendus de leurs stèles, comme le furent des dictateurs, tels Staline ou Mao, écartés par le peuple de leurs gloires passées et institutionnalisée.

Chacun pourra les tuer, s’il le désirait, au moyen d’un logiciel spécial et agréé installé pour l’occasion et pour la journée dans son téléphone sphère portable indexé à la chaleur et à la texture de la peau de sa main.

Le but du jeu.

Aujourd’hui, la télévision hologramme venait de l’annoncer, sera un jour de fête, un jour exceptionnel.

La speakerine star et le présentateur roi sont sortis de leurs socles réceptacles familiaux ; ils en sont exceptionnellement descendus afin de rejoindre pour un instant et familièrement chacun de leurs spectateurs, comme s’ils étaient des cousins éloignés qui seraient venus leur rendre visite.

Ils discutent avec leur public du déroulement de cette belle journée de fête qui, aujourd’hui, s’ouvrait à eux .

Marco et Lola, après avoir écouté les conseils de leurs coachs virtuels, descendirent dans la rue. Ils se séparèrent mais resteront toujours en contact l’un de l’autre grâce à leur montre GPS Quantique qui les informera tout au long de la journée, à leur demande et suivant leur désir, de leurs positions géographiques réciproques dans la ville.

Marco ira rejoindre Abraham Lincold qui circulait sur les Champs Élysée et Lola se dirigera vers la belle Cléopâtre qui, semblerait-il d’après les informations qu’elle aura reçu, boirait un pot à Saint Germain des Prés en compagnie d’Elvis Presley, une star de rock des années 60.

La journée fut belle, ensoleillée et les joueurs arpentaient la ville à la recherche de leurs idoles passées et, lorsqu’ils les rencontraient, ils les éliminaient avec soulagement grâce aux effets et influence du syndrome de Lima qui, aujourd’hui, illuminait les paysages de leur ville ainsi que leurs actions du jour par l’acquisition d’une liberté d’action occasionnelle et momentanée.

Marco élimina avec son logiciel Abraham Lincoln alors qu’il sortait d’un café des Champs Élysée, tenant un cornet de glace vanille à la main. Celui-ci disparu immédiatement sans avoir même eu le temps de finir sa confiserie.

Lola fit de même avec Cléopâtre, assise à la terrasse d’un café, juste au moment où celle-ci allait prendre la main d’Elvis Preslay qui, de toute évidence, la draguait.

Ils se retrouvèrent le soir chez eux, heureux, et s’endormirent paisiblement, sans rêves superflus. Le lendemain fut un autre jour où régnèrent pour eux, à nouveau, les lois morales et obligations étroitement liées au syndrome de Stockholm, les plongeant alors, une nouvelle foi, dans un amour irraisonnable pour leur maître.

Fin

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

Commentaires (1)

  1. Avatar

    Connie Fouch 8 mai 2019 à 10 h 36 min

    It’s hard to find knowledgeable people on this topic, but you sound like you know what you’re talking about! Thanks

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