La peur/Peur et conscience humaine/Peur et progrès/Architecture.

Image de mise en avant: Marcher dans la peur.

Texte de l’article.

La peur. Après les perturbations climatiques extrêmes, les inondations qui succédèrent aux tempêtes et typhons, voici donc venue des épisodes successifs de neige.

L’Ile de France se sera transformée en toundra blanche mais sans que la présence du père Noël puisse réchauffer ses habitants car, en ce moment, il se repose étant déjà passé chez nous, il n’y aura de cela qu’à peine quelques semaines.

Il neige et aussi gèle, le sol glisse, c’est l’hiver 2018.

Certains tombent, se cognent la tête et, yeux ouverts, voient alors milles étoiles qui clignotent comme une guirlande électrique.

Quelques-uns se relèveront et d’autre pas. Ils attendront dans le froid et resteront allongés au sol. Le SAMU dont les lumières des gyrophares lorsqu’il arrivera les rassureront car étant porteuses d’espoirs.

La solidarité des hommes est en route.

D’autres traverseront une rue verglacée en courant et, soudain, ils glisseront et ne pourront plus avancer. Ils feront alors du sur place, leurs jambes semblant tricoter un pull imaginaire, aussi danser dans la neige, et ce fut à ce moment-là qu’une longue voiture blanche arriva.

En voyant ces personnages burlesques gesticuler sur place, le conducteur de la voiture freinera mais sa voiture glissera, verglas oblige, et continuera d’avancer en tanguant légèrement comme un bateau le ferait sur l’eau.

Heureusement elle s’immobilisera à seulement quelques dizaines de centimètres des jeunes danseurs.

Fin de l’épisode.

Je sors de chez moi le matin, Le jour se lève à peine, la nuit froide aura fait se geler la neige qui se transformera en une pernicieuse couche de glace.

Je franchis ma porte pour sortir dans la rue et pose délicatement mes pieds sur la neige gelée qui recouvre le trottoir.

À peine aurais-je fait quelques mètres en marchant avec de multiples précautions que le corps d’un homme se détachera d’un mur où il semblait attendre ; il se place devant moi.

J’ai eu le temps de l’observer pendant qu’il me parlait.

C’est un homme de taille moyenne, à peine un mètre soixante – dix, et portant une gabardine marron foncé.

Il a une cinquantaine d’années, porte une petite moustache Italienne taillée à la façon d’un séducteur, tel Clark Gable, et il me fait savoir en adoptant un ton de voix agressif, énervé et macho :

« Monsieur, vous avez peur. »

Un peu interloqué de la remarque de cet individu que je ne connais pas, je lui réponds :

« Bien sûr, j’ai peur et, par ailleurs, que serait devenu l’esprit de l’homme sans ses peurs passées.

Cela sera grâce à ses peurs qu’il aura pu, au fil des millénaires, bâtir son intelligence, de jour en jour, de peur en peur. »

Certains même, par habitude, n’auront plus peur:

Je continue :

« D’autre part, en sortant de chez moi, je m’arrête toujours à cet endroit et je regarde le bâtiment que vous voyez là devant vous. Il vient juste d’être construit et, pour moi, il aura été conçu par l’architecte à l’envers car il n’y a pas de porte pour accéder à l’intérieur mais, bien sûr, il y en aura une sur la façade arrière, jardin sinon, comment pourrait-on y entrer ?

Cependant, Monsieur, nous sommes ici dans une rue et les façades des bâtiments s’aligneront les unes aux côtés des autres, avec des portes se voulant accueillantes et symboliques de la vie d’un quartier et participant de ce fait à sa conception architecturale.

Une façade d’immeuble sans porte, dans une rue de ce type sera, pour moi, étrange, atypique, irraisonnable et de nature quasiment anarchique niant les relations des gens entre eux, des familles entre elles.

J’étais architecte Monsieur avant de devoir prendre ma retraite, je suis aigrie me direz-vous, effectivement, peut-être ? Mais cela m’intéressera toujours, en tant que citoyen cette foi-ci, de comprendre comment il sera possible de coller de cette manière une claque à une rue.

Ce principe d’aménagement se rapprochera, pour moi, d’une sorte de psychose urbaine et moderne.

Et la ville, Monsieur, sera avant tout un espace social, de rencontre, qui abritera, derrière les murs de ses maisons, des appartements dans lesquelles vivront des familles et auxquels il conviendra d’accéder par des portes.

Elles tiendront le rôle des prépositions ou pronoms qui lient les mots entre eux dans une phrase et sans lesquels elle ne saurait avoir de sens.

Enfin, ceci n’est que mon opinion et je n’en aurais pas parlé si vous ne m’aviez pas dit que j’avais peur.

Mais, Monsieur, pour revenir à notre sujet, bien sûr que j’ai peur, vraiment peur. »

Actualité.

La péniche aménagée par l’architecte Le Corbusier dans les années trente avec la vocation d’héberger des sans abris et qui était amarrée sur les berges de la Seine aura coulé lors de la décrue du fleuve. Elle n’était heureusement pas encore aménagée et vide d’habitants.

La peur.

Que serait l’homme sans les peurs successives qu’il aura eu au cours des siècles, des millénaires, à commencer par les sociétés préhistoriques ou simplement primitives qui dominèrent leurs peurs des orages et des éclairs afin de pouvoir domestiquer le feu. Aussi, c’est sa peur de la mort et de la maladie qui lui fera faire, jours après jours, des progrès en médecine et aussi, sa peur de l’inconnu, des profondeurs de l’espace qui, très certainement, un jour, lui fera conquérir et aussi, pourquoi pas, migrer en masse dans les étoiles.

La peur aura aussi rempli nos religions, contes, légendes et romans de personnages qui symboliseront le mal, tels Satan.

Satan. Il est partout, il est là :

La peur, et cela est aussi malheureusement une vérité, sera aussi à l’origine de nombreuses guerres.

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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