Shanghai le matin

D’une île à l’autre- Une île dans les nuages/Shanghai

Dune île à l’autre- Une île dans les nuages/Shanghai
Île/ extraits de textes : Objets- Nicolas Antoniucci société des écrivains 2004.

– J’habite Paranoa, une île sur les nuages.

Je reste parfois sur mon île des jours entiers sans en sortir, et alors j’écris avec mon ordinateur, des histoires qui contiennent des souvenirs d’aujourd’hui et de demain mélangés…

Sur ce sommet inaccessible d’une montagne, comme une île perdue au milieu de nuages.

Parfois, ils sont gris, sombres et baigné dans des pluies sauvages, lorsque l’orage s’annonce et tonne.

L’ombre de ces instants est noire et fraîche.

Elle est très belle, belle pour l’esprit.

L’herbe alors se mouille et réchauffée par les chants des oiseaux heureux et les furtifs rayons du soleil, elle se gorge de fleurs éphémères, cependant perpétuelles.

Shanghai- Évoquons maintenant d’une île que j’aurai photographié il y aura de cela quelques années.

Je suis à l’extérieur, debout sur le pont d’une grande péniche noire et j’aperçois de hautes tours, des grattes-ciels surgissant de la brume grise d’un matin d’automne.

Quelques oiseaux gris volent en tournant et criant.

Cette photo ressemble à un rêve, mais pourrait-on photographier un rêve ?

Elle aura été prise à Shanghai, entre vie et rêve, à l’aube alors que les lumières scintillantes et outrancières de la nuit, de la vie nocturne, touristique, financière et sociale de la ville, s’étaient éteintes.

Ce rivage, bien que continental, sera devenu aujourd’hui et pour quelques instants, une île car il est séparé du reste du paysage, en noir et blanc, par de l’eau et du brouillard.

Comment pourrais-je accoster dans ce territoire dans lequel une âme se sera retranchée, représentée par ces falaises de béton et d’acier qui font rempart ?

Aujourd’hui, je ne saurais le faire car les obstacles sont trop forts, je ne saurais les briser.

Dans ses peurs parfois, l’esprit de l’homme s’isolera et ne saurait alors sortir de son île s’étant transformée alors, pour lui, en prison et il s’égarera dans un labyrinthe dont parfois il ne trouvera jamais la sortie.

Je passe alors mon chemin.

L’eau est grise, froide et ses profondeurs sont mystérieuses peut-être même abriterait-elle de surprenants animaux nommés, anxiétés, peurs ou vertiges qui lorsqu’on tenterait d’y nager sortiraient du fond de l’eau pour vous croquer.

J’aurais toujours été fasciné par les profondeurs mystérieuses des océans, ainsi dans mon livre, Main basse sur le sixième continent, l’histoire prendra en compte les origines de l’humanité, qui était aquatique. Elle présente une guerre faite, dans le futur, par l’ensemble des nations de la Terre contre des adversaires issus des profondeurs de la mer qui prendront les formes de géants venus à la vie et issus de l’imagination des hommes, au fil des siècles, à travers l’art et l’écriture. Mon roman Cnidaria se passera dans ce même univers, celui des profondeurs des océans.

L’Arbre du Kamas.
2008, réédition Libres d’écrire, 2013. Extraits.

L’île du Kamas.

… Nous avons navigué plusieurs jours, traversé une tempête, puis deux journées de calme plat et enfin, quatre jours plus tard, lorsque le vent est revenu, nous avons touché l’île, l’île du Kamas. Un vol d’oiseaux migrateurs nous a accompagnés quelques jours en dessinant une flèche parfaite, ils semblaient nous indiquer une direction. Nous arrivons devant l’île. Devant nous, se dresse une haute falaise au pied de laquelle se love une petite plage de sable noir. Ils arrêtent le bateau, font tomber les voiles. Celui-ci s’immobilise à deux cents mètres de la falaise sur l’eau miroir. Paula rentre dans la cabine du bateau. Elle installe un disque d’opéra sur un lecteur CD et met le volume à plein tubes. Une cantatrice inspirée chante alors un air puissant que seuls les hommes furieux peuvent imposer aux dieux. C’est déjà pas si mal, il y a de quoi les faire sourire.

Lola me dit, gentiment :

— Cette musique sur une eau si calme va monter jusqu’au cœur de l’île. Ils vont savoir que nous arrivons.

Nous accostons et pour rejoindre un chemin, nous traversons la plage dans laquelle sont enlisés un squelette de baleine aux os très blancs, quelques épaves de bateaux en bois, aux bois très noirs, des carapaces de crabes, des coquillages. S’y mêlent des pierres rouges mélangées à des miroirs brisés ensablés qui reflètent le ciel.

— Pour la baleine, murmure Paula, c’est l’ancêtre de Sylvie Balaénoptéridés, échouée là, depuis très longtemps. Pour les miroirs, c’est de l’art, notre art. Pour les épaves, c’est la nature qui les a joliment placés là.

Des souffles puissants de vents s’engouffrent par saccades dans des cavernes rocheuses creusées dans les falaises. Ils semblent parler, dire d’une voix profonde : « Kamaaaaaaaaaa…..kaaaaaaa ».

Nom important, que des oiseaux blancs répètent en criant. L’anti miroir vibre, scintille, le visage de Shar apparaît.

Il me salue :
— Vous voici arrivé dans L’île. Vous connaissiez l’Arbre, c’était son ambassade. Nous nous appelons les Poètes, comme vous l’avez pressenti. La vie ici, dans cette île ville, est ambiguë, comme elle l’était dans l’Arbre avant qu’il ne meure. C’est la vie, la vraie. Nous avons construit une ville, une architecture vivante. Nous habitons une île de rochers et de verre, au cœur de laquelle nous avons installé les symboles associés, le Kâma Sûtra et le Cœur rouge. Le Kâma Sutra et le Cœur rouge sont arrivés sur l’île. Ils ont marqué le temps zéro, le début de la mémoire de notre groupe, l’origine de notre monde.

En montant vers le sommet de la falaise, je croise des champs d’herbes folles et des chevaux libres. Arrivé en haut, je vois la ville qui semble occuper un cratère de volcan. C’est une architecture de verre, de miroir et de rocher, entaillé de longues fentes verticales. Je demande ce que sont ces blessures.

Quel architecte a pu de cette manière marquer une architecture ?

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

Commentaires (1)

  1. Avatar

    Evelynn Bica 8 mai 2019 à 9 h 46 min

    I’m still learning from you, but I’m trying to reach my goals. I definitely love reading everything that is written on your website.Keep the stories coming. I loved it!

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