La couleur du grenat pyrope

2 poésies/ La pierre aux reflets rouges, le grenat pyrope/ Le transsexuel et le cerf/Textes inédits.

Poésie.

Pour moi, la poésie sera une manière de présenter le monde avec des mots et phrases qui d’écriront  des évènements s’interférant les uns aux autres comme s’ils s’entrechoquaient à la manière de boules de billard.

Poésie 1- Le grenat pyrope.

J’avais ramassé au pied d’une montagne d’Altaï une petite pierre au bord de la route.

Elle est maintenant dans mes mains.

Elle est cristalline, petite et brune. Ses faces sont taillées en losange.

Forme géométrique parfaite et mathématique,universelle.

Sous les assauts des rayons de soleil transparaissent dans ses profondeurs transparentes et minérales, sombres comme la nuit, des éclats de lumière rouge fête, rouge sang.

Ces lumières font du bien à l’esprit à regarder.

C’est une pierre sans valeur marchande mais de valeur universelle.

Elle est gorgée de soleil.

La nuit arrive, notre voiture roule dans les faubourgs d’une ville déserte.

Seule une lumière éclaire cette nuit. En pleine ville, des silhouettes d’hommes s’agitent autour d’un feu de bois aux flammes rouges.

Plus loin, notre voiture évite de justesse un homme assis au milieu de la route et que nous distinguons à peine.

Nous nous arrêtons devant un restaurant dont le bâtiment est habillé d’une

façade, brune et sale, éclairée de néons rouges et descendons de la voiture.

Nous entrons et montons un petit escalier de bois ; nous asseyons, en cercle,

autours d’une table en bois au centre de laquelle se trouve un grand chaudron

rempli d’une soupe épaisse dans laquelle flottent au milieu de légumes colorés

des morceaux de viande et de poisson.

Dehors, la nuit est vide, seulement éclairée par les néons rouges. rouge comme

les reflet de la pierre, rouge comme la Chine, son drapeau et ses néons.

Il fait très chaud, humide.

Un ventilateur ronronne, semble s’essouffler en brassant de l’air chaud.

Nous buvons du thé vert, en quantité.

Au fond de la pièce une porte est entrouverte ; je pénètre dans un long couloir. Tout au bout,

il y a une autre porte ouverte, elle aussi. Je la franchie ; j’arrive dans une pièce carrée et sombre,

juste éclairée d’une lumière rouge, qui masque à peine, derrière de lourds rideaux,

devant une estrade recouverte de tapis usés, semblant fatigués,

un lit de massage recouvert d’un drap blanc.

Au centre de l’estrade se trouve une petite table entourée de deux tabourets sur

laquelle sont posées deux tasses en porcelaine blanche et une théière au bec

dressé et d’aspect agressif tel un sexe d’homme en érection.

Bordel chinois, digne d’un vieux film en noir et blanc avec

Humphrey Bogart comme acteur, mais sans opium.

Une silhouette de femme en robe, cheveux noir et visage blanc, se détache d’un mur et me fait signe d’avancer.

J’étais entré dans la tanière d’une femme araignée, masseuse de son état.

J’ai alors compris que nous étions entrés à l’intérieur de la pierre Chinoise,

que nous avions changé de dimension pour côtoyer le monde ancien, nostalgique,

universel et Chinois qui s’y trouve, que nous avions remonté le temps grâce à

cette pierre, jusqu’alors éternelle.

Lorsque j’ai ramené le cristal à Paris, il a semblé alors s’éteindre car ses

lumières rouges auront disparues.

Un morceau de la Chine profonde semblera alors s’être dissout.

Pierre sans soleil, sans désert.

J’ai regardé sur Internet, cette pierre s’est avéré être un grenat Pyrope.

Il était sacrée chez les Indiens d’Amérique.

En lithothérapie, il est parfois défini comme utile pour tous ceux qui ont une tache à remplir et donc

le succès dépendra essentiellement de leur savoir faire.

Vitalité et charisme, voilà ce qu’apporte le grenat Pyrope.

Il met tout en oeuvre pour que l’individu soit en possession de tous ses moyens ; courage, créativité, force physique et psychique.

Pourquoi pas ?

Poésie 2- Le transsexuel et le cerf.

 Dans unTGV, entre Valence et Aix en Provence-France

Le TGV file à tout allure. Il est bondé.

Quelques enfants jouent excités car le trajet est long.

Je suis assis devant une femme noire habillée d’une robe large et mauve.

Elle est de nature affable, discute avec les voyageurs, s’occupe des enfants en

fabricant des poules en papier et des avions qu’elle jette, en riant, dans l’allée

centrale du train. Son corps est épais, possède de gros seins et sa bouche aux

lèvres charnues est recouverte d’un rouge aux lèvres épais et violet.

Une certaine vulgarité se dégage de sa personnalité.

Les heures passent, dehors les paysages défilent alternant, campagne, ville et

forêt. Le ciel est bleu. j’aperçois alors, longeant la lisière d’un bois, un cerf

majestueux portant de lourds bois comme des attributs de sa virilité.

Il marche tranquillement en escortant, un instant, le train.

Je suis étonné car, la plus part du temps, le long des rails du chemin de fer se promènent des biches.

Je regarde la femme assise devant moi et je comprend alors que cette femme est un homme,

un transsexuel bien dans sa peau et fier de ses attributs masculins cachés derrière des habits

de femme comme le cerf l’est de ses bois.

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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