Humanité verticale/Urbanisme — Architecture — Fiction/Monologue.

Humanité verticale.


Image de mise en avant- Architecture verticale.

Verticalité — Comme conséquence des effets de la pesanteur, cette force qui entraine les corps vers le centre de la Terre, l’homme aura pris avec le temps, comme option physique pour son corps de se redresser, de s’arcbouter sur deux jambes le faisant se tenir droit, vertical, avec les pieds posés sur le sol, tourné vers le feu du centre de la Terre — L’enfer – et la tête dressée sous les nuages — l’Olympe. Cette verticalité, entre feu et air, fait marcher les moteurs à deux temps de la vie, action, réaction, en mélangeant l’odeur du soufre à celle des fleurs — Le bien et le mal… Le plaisir et la douleur… La naissance et la mort… Le blanc et le noir. Ainsi, depuis toujours, les architectures de ses villes, qu’elles soient de terre, de brique ou de béton déclineront toujours cette notion de verticalité et de pesanteur et même dans des formes courbes celle-ci apparaitra dans ses aspects comme étant une évidence par la position du centre de gravité de la forme. Une sculpture d’homme faite par Giacometti exprimera cette verticalité fondamentale de l’humanité et lorsque ses hommes, en plâtre ou bronze, seront représentés figé dans la marche, leurs corps seront, certes, penchés, en oblique mais leurs chutes étant contrariées par une de leurs jambes placées en avant et servant d’appui, de contrefort comme pour soutenir un mur de cathédrale pliant sous les forces mécaniques d’une voute — Le corps de ses sculptures étant souvent quasiment réduit à la maigreur d’un fil à plomb, recouvert cependant de l’évocation d’une humanité, représentée par une sculpture étirée des éléments constitutifs d’un corps, tête, corps, bras, que les maçons utiliseront, depuis toujours, pour construire parfaitement la verticalité d’un poteau ou d’un mur. En se promenant dans une ville, Paris ou autre, on constatera que cette verticalité basique représentative de l’humanité sera partout présente dans son architecture étant constituée essentiellement de verticalité apparente ou parfois juste suggérée — Mais présente. Nous vivons, au quotidien, dans cette verticalité urbaine, cette forêt de lignes perpendiculaire traçant un chemin entre ciel et terre — Ciel et Terre. Seuls, dans le monde échapperont à cette règle quelques architectures vernaculaires en terre, des déformations du sol abritant les foyers des hommes dans des sociétés particulières et traditionnelles où l’acceptation de la puissance du ciel et de la Nature sera différente de notre monde moderne — Plus soumise à la puissance mystérieuse de dieux obscurs, étant des symboles représentant les multiples inconnus de l’univers. L’homme qui marche dans notre ville d’aujourd’hui ressent la puissance quasi magique de ces verticalités autant que nos ancêtres le faisaient lorsqu’ils traversaient une forêt d’arbres aux troncs droits et élancés attirés, sculptés par la lumière. Nous voyons maintenant dans nos villes, comme à Paris, quelques bâtiments surgissant de terre, dressés en oblique et sans contreforts, apparent et rassurant, exprimant alors une architecture pour nous inhabituelle, comme étant en apesanteur — Construire dans l’apesanteur, sur Mars ou ailleurs, en jetant à terre le fil à plomb de l’humanité. Le monde change et en se médiatisant de plus en plus, l’homme perd peu à peu sa verticalité et l’architecture, qu’il crée, tels des fourmis besogneuses et bâtisseuses, et qui représentera la société dans laquelle il vit, suivra lentement, en perdant dans ses formes sa verticalité historique. Elle empruntera des chemins différents, construisant des architectures obliques, déformées, des bâtiments paraissant être en apesanteur, créant, en s’agglutinant les uns aux autres, des villes semblant être issues d’un film de science-fiction. Et, quelques centaines d’années plus tard, l’homme architecte bâtira sur Terre ou sur des planètes habitables lointaines, alors découvertes et colonisées, des villes aux rues souterraines traçant un maillage circulaire arachnéen percé ponctuellement de places jardins, aux arbres gigantesques arrosés de pluies artificielles et pures, recouvertes de hautes coupoles transparentes, renfermant un air parfait et filtré, et passant au-dessus de bâtiments difformes — Des architectures nouvelles et vernaculaires — sur lesquels voleront des oiseaux libres aux plumes colorées. L’homme aura alors fini de porter le poids de sa verticalité qu’il trainait depuis toujours derrière lui comme un fardeau, la matière de son corps dominant alors son esprit, et qui, jusqu’alors, lui avait servi de barreaux de prison. Il est maintenant libre… Libre d’oublier sa verticalité originelle, devenant ainsi totalement civilisé — Homme de la nouvelle ère postmoderne. Ainsi l’architecte Paul Gerhy dans un long combat architectural personnel, s’opposant en de nombreux points à la verticalité — proposant parfois une architecture de ruban, telle celle de l’hôtel Marqués de Riscal qu’il a dessiné, en 1999-2006 — et s’exprimant dans la construction d’une tour de 56 mètres de haut qu’il aura créé pour occuper le centre d’une friche industrielle, à Arles, reconvertie en institution culturelle, en créant un volume, certes étant globalement de structure verticale, mais dont les formes supérieures sembleront s’être dégradées, comme étant usées par l’histoire et le temps, éliminant ainsi toute verticalité trop dominante et oppressive — Étant le combat d’un artiste — qui serait représentative plus de la matière, le corps, que de l’esprit de l’homme.

Frank Gehry, architecte- L’anti verticalité.

https://www.elle.fr/Deco/Reportages/Les-pros/architecte-Frank-Gehry

 

 

Nicolas Antoniucci
Par Nicolas Antoniucci

Passionné par la vie dans ce qu’elle pourra avoir d'insolite, parfois d’inexplicable et aussi par l'art sous toutes ses formes, les voyages et bien entendu l'écriture, je vous propose de partager avec vous sur ce blog mes différentes passions !

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