Le Grenat Pyrope extrait du Livre de Nicolas Antoniucci, Pour Morgane-Video
Image de mise en avant: Le Grenat Pyrope- Image extraite de la video.
Video I.A de Theodoric Antoniucci.
En 2003, en Chine, Paul ramasse au pied d’une montagne de l’Altaï une petite pierre cristalline, brune, aux faces taillées en losanges parfaits. Exposée au soleil du désert, elle laisse apparaître dans ses profondeurs sombres des éclats de lumière rouge, rouge sang, rouge fête — des lumières qui font du bien à l’esprit. C’est une pierre sans valeur marchande mais chargée d’un symbole universel, gorgée du soleil du désert.
La nuit tombée, la voiture de Paul traverse les faubourgs d’une petite ville chinoise, dont les rues sont éclairées par des feux de bois aux flammes rouges, autour desquels s’agitent des silhouettes d’hommes. La voiture évite de justesse un homme assis au milieu de la chaussée, occupé à démêler des fils électriques sortant d’une cavité ouverte dans la rue. Le groupe s’arrête devant un restaurant populaire dont les façades sont éclairées par des néons rouges, comme un appel à la fête. À l’intérieur, dans une salle chaude et humide, ils s’installent autour d’un chaudron fumant, rempli d’une soupe épaisse où flottent légumes et morceaux de viande et de poisson, têtes comprises. Par la fenêtre, la nuit noire n’est trouée que par le rouge des néons, échos des reflets de la pierre.
Paul se lève, quitte la salle et emprunte un long couloir menant à une porte entrebâillée. Il découvre une pièce carrée et sombre, éclairée seulement d’une lumière rouge, où se trouvent un lit de massage, une estrade recouverte de tapis usés, une petite table avec deux tasses et une théière à la forme suggestive — décor suranné, digne d’un vieux film noir. Une silhouette de femme, masseuse aux cheveux noirs et au visage très blanc, se détache du mur et lui fait signe d’avancer.
Paul comprend alors qu’il vient de pénétrer à l’intérieur même de la pierre chinoise ramassée dans le désert : celle-ci a fonctionné comme un vaisseau temporel le faisant voyager vers un monde ancien, nostalgique et intemporel, profondément chinois.
De retour à Paris, la pierre semble s’éteindre : ses lumières rouges ont presque disparu, comme si ce fragment de Chine profonde s’était dissous dans l’air parisien. Une pierre désormais sans soleil, sans chaleur du désert. En se renseignant, Paul découvre qu’il s’agit d’un grenat pyrope, pierre sacrée chez les Indiens d’Amérique, à laquelle la lithothérapie prête des vertus utiles à quiconque a une tâche à accomplir : vitalité, charisme, courage, créativité, force physique et psychique.
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